“Le langage SMS n’est pas l’ennemi des écrits scolaires”

Publié le 23 mai 2010 par · 17 commentaires
Classé dans : écriture, Maîtrise de la langue, pédagogie 

Tel est le titre de l’article de Monica MACEDO-ROUET, paru en Mars 2010 sur le site de l’Agence des usages TICE, pour faire la synthèse de diverses études centrée sur la supposée concurrence entre le SMS et les écrits normatifs enseignés  à l’école primaire.

Bonne nouvelle, qui rompt avec bien des idées toutes faites sur la question :

1. le langage SMS  ne nuit pas à l’apprentissage de l’orthographe

  • en effet, pour le maîtriser, l’écrire et le lire, il faut de bonnes compétences phonologiques qui sont celles des élèves ayant un bon niveau en orthographe : la fréquence de l’utilisation du SMS n’est pas corrélée à la maîtrise ou non maîtrise de l’orthographe.
  • par ailleurs, les élèves ont tout çà fait conscience qu’il s’agit d’un langage “à part”, non normatif, utilisé dans un contexte limité, personnel et familier, aux possibilités limitées à des situations simples de la vie quotidienne. Ce langage n’est donc pas un concurrent réel de la langue écrite normée aux possibilités polyvalentes et illimitées.

2. Mieux, pratiquer le langage SMS peut entraîner des progrès en matière de maîtrise de la langue écrite à l’école

  • il focalise l’attention des élèves sur la communication écrite
  • il aide à une meilleure distinction des phonèmes
  • il sensibilise ses utilisateurs au fait que tout langage est un code évolutif et créatif, qui n’a d’intérêt que s’il est partagé et compris : les exigences en matière d’orthographe en sont d’autant mieux assimilées.

L’enseignant ne doit donc pas jeter l’anathème sur le SMS

  • il a intérêt à connaître le fonctionnement de ce code très utilisé par les jeunes afin de pouvoir le comparer occasionnellement avec le code appris à l’école
  • il peut ainsi l’utiliser comme support d’une réflexion sur les différentes fonctions du langage dans la communication , ou comme outil ludique de création verbale
  • chez les élèves dyslexiques, cela peut constituer ponctuellement le moyen de surmonter l’angoisse du passage à la langue écrite .

Mais l’enseignant ne doit pas non plus l’utiliser lui-même en cours :

ce code doit rester réservé à la sphère des relations personnelles, familières et décontractées : il sera d’autant moins ressenti comme un concurrent de la langue écrite transmise par l’Institution Scolaire.

Isabelle FARIZON

L’orthographe, un enjeu professionnel et économique

“Je vous serez gré”, comment l’orthographe pourrit la vie au boulot” : tel est le titre de ce petit article trouvé au détour de ma revue de presse quotidienne sur le net.

Faut-il le rappeler ? :

  • “Les entreprises sont devenues de plus en plus exigeantes sur le niveau d’orthographe de leur salariés et n’hésitent pas à envoyer les mauvais élèves en stage de rattrapage.”
  • “L’orthographe n’est pas un nouveau critère de recrutement, mais, depuis quelques années, les entreprises sont beaucoup plus attentives au niveau de leurs salariés.”
  • “Toutes les professions sont désormais concernées par ce problème.”
  • Et contrairement aux idées reçues, les jeunes ne sont pas plus mauvais que leurs aînés. “On ne peut pas mettre en cause la méthode globale, les SMS ou les e-mails, car chaque tranche d’âge est touchée”, poursuit le coach en orthographe.

Une expression qui souligne l’émergence d’un nouveau métier :   “coach en orthographe” .

Une expression qui met en évidence l’avenir toujours plus florissant d’une  économie parallèle de l’orthographe  allant de l’auto-formation par l’adulte en difficulté (et des produits dérivés associés) jusqu’à la certification payante Voltaire qui permet aux salariés d’attester de leurs capacités aux recruteurs. “De plus en plus de sociétés utilisent le 1% formation pour aider les salariés à se perfectionner” (…) Parmi les objectifs de ces formations : apprendre  à pallier les carences des correcteurs automatiques.

Un regard critique que les enseignants de lettres cherchent aussi dans leur domaine à faire acquérir à leurs élèves … Faut-il le rappeler ? L’on regrette à la lecture de cet article que les compétences professionnelles des enseignants ne soient jamais citées à ce sujet …

En savoir plus :  ”Je vous serez gré”, comment l’orthographe pourrit la vie au boulot” : http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/je-vous-serez-gre-comment-l-orthographe-pourrit-la-vie-au-boulot_893926.html

Christelle Membrey-Bézier

  • "La réflexion sur les technologies numériques se trouve au cœur de la formation littéraire parce que ces TIC impliquent de nouvelles pratiques d’écriture et de lecture et induisent de nouvelles postures intellectuelles."

    Catherine Bizot, Inspection Générale de Lettres

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